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205 Trophée : Yohan, étudiant ingénieur, raconte son aventure humanitaire dans le désert

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Yohan, étudiant de notre école d’ingénieurs à Aix-en-Provence, a relevé un défi de taille : participer à la 19e édition du 205 Trophée, un raid automobile solidaire à travers le désert marocain du 1er au 15 mai 2026. Entre dépassement de soi, esprit d’équipe et engagement humanitaire, il revient sur cette aventure marquante.

Yohan, futur ingénieur BTP, relève le défi du 205 Trophée

  • Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Yohan, j’ai bientôt 23 ans et je suis en dernière année de cursus ingénieur spécialité BTP sur le campus CESI d’Aix-en-Provence. Chalengeur et sportif, j’aime me lancer de nouveaux défis au quotidien.

  • Qu’est-ce que le 205 Trophée et comment l’as-tu découvert ?

Le 205 Trophée est un raid automobile à dimension humanitaire créé en 2007, exclusivement dédié à une voiture emblématique : la mythique Peugeot 205. Plus qu’une simple aventure mécanique, cet événement est avant tout une épreuve d’orientation et d’endurance, où la performance pure laisse place à la gestion, à la fiabilité et à l’esprit d’équipe. Il ne s’agit pas d’une course, mais d’un défi où chaque équipage doit composer avec la navigation, la fatigue et les aléas mécaniques, avec un seul objectif : atteindre la ligne d’arrivée. Le 205 Trophée est une aventure humaine et sportive, portée par des valeurs fortes telles que l’entraide, la solidarité et le dépassement de soi.

  • Pourquoi t’es-tu lancé dans cette aventure ?

Je me suis lancé dans cette aventure avec l’objectif de mener à bien un projet concret et humanitaire, qui demande réflexion, préparation, motivation et surtout esprit d’équipe. Lorsque j’ai vu le 205 Trophée sur les réseaux sociaux, j’ai tout de suite su que je souhaiterais y participer un jour, alors je me suis dit « Et pourquoi pas maintenant ? ». J’en ai parlé à mon père, fan de mécanique et ancien propriétaire d’une 205. Son rêve était de participer à un raid automobile, alors naturellement, je me suis tourné vers lui lorsque j’ai eu cette envie aussi. Nous sommes ainsi devenus l’équipage 237, et avons organisé toute la préparation ensemble. Assez différents de nature, il a fallu que l’on s’adapte l’un à l’autre pour concrétiser notre aventure. Cela a été un moment formidable renforçant notre lien père et fils.

  • Comment t’es-tu préparé pour ce raid automobile ?

La préparation n’a pas été de tout repos ! L’objectif était en deux phases : la préparation de la voiture pour le passage du contrôle technique du raid le 18 mars et le grand départ le 1er mai. Physiquement, j’ai fait du sport régulièrement mais en veillant particulièrement à ne pas me blesser : s’agissant d’une aventure en équipe, je ne souhaitais pas impacter mon père. Mentalement, je suis resté serein, je savais que j’avais choisi le bon équipier et que l’on s’entraiderait. Techniquement, toute la voiture était à refaire donc nous nous sommes beaucoup investis pour qu’elle soit prête et parfaite à nos yeux pour le grand départ.

  • As-tu rencontré des difficultés avant le départ ?

Les difficultés rencontrées ont résulté de la préparation de la voiture, qui a demandé énormément de temps et de moyens : jongler entre l’école, l’apprentissage et la voiture m’a demandé de l’organisation, de la priorisation et de la budgétisation. En effet, nous avons tout fait nous-mêmes, de la commande des pièces au montage mécanique, et tout cela dans le délai imparti. Mais nous avons tout fini la veille du départ, pile à temps pour le début de l’aventure !

Désert, fatigue et solidarité : le vécu de Yohan

  • Peux-tu nous raconter un moment marquant de cette aventure ?

Difficile d’en choisir un seul, mais je crois que ce qui m’a le plus frappé, c’est la première fois que l’on s’est retrouvés au milieu du désert, sans rien à l’horizon. Cette immensité, ce silence… on se sent à la fois tout petit et complètement libre. C’est une sensation difficile à expliquer, mais elle reste gravée. La rencontre avec les locaux a aussi été marquante : découvrir un mode de vie si différent du nôtre, ça change vraiment le regard.

  • Sur le terrain, quelle a été la plus grande difficulté rencontrée ?

On a eu la chance d’éviter les grosses pannes mécaniques, donc notre plus grande difficulté était plutôt l’accumulation de fatigue au fil des jours. Le raid s’enchaîne vite, les nuits sont courtes, et il faut rester concentré malgré tout. C’était plus une bataille mentale que mécanique.

  • À l’inverse, quel a été le moment le plus fort ?

Les moments de liberté dans le désert, à rouler sans contrainte avec cette immensité autour de soi, c’est quelque chose d’assez unique. Il y a également l’ambiance entre participants : des gens venus de partout, unis par la même passion et le même objectif. On s’entraide, on partage les galères comme les bons moments et on repart avec des amitiés qu’on n’aurait jamais imaginé créer. Mais je crois que le moment le plus fort reste la remise des dons. Avoir roulé depuis la France jusqu’au Maroc, traversé tout cela, et finalement déposer ce que l’on avait apporté sur place, ça donne un sentiment d’accomplissement qui va bien au-delà du raid en lui-même.

  • Qu’est-ce que cette aventure t’a apporté sur le plan humain ?

Humainement, cette aventure m’a vraiment marqué. Entre le défi, les paysages et l’entraide entre participants, je suis heureux d’en avoir fait partie. Voir les différences de conditions de vie sur place m’a beaucoup impacté, ça remet les choses à leur juste place. Et contribuer à notre manière en apportant des fournitures scolaires aux enfants, c’est ce qui m’a le plus touché dans cette expérience.

Les compétences d’ingénieur mises à l’épreuve du raid

  • En quoi ta formation à CESI t’a-t-elle aidé dans ce projet ?

Ma formation m’a aidé dans cette aventure grâce à la gestion de projet qui m’a permis de connaître les différentes façons d’aborder cette épreuve, avec organisation et gestion des différentes ressources (délais, finances, humains), dans le but de partir serein le jour J.

  • As-tu mobilisé tes compétences d’ingénieur pour cette aventure ?

Plus qu’on ne le pense ! En école d’ingénieurs on apprend à anticiper, à résoudre des problèmes et à gérer des contraintes et sur un raid c’est exactement ce que l’on fait en permanence. La préparation du véhicule, la gestion du budget, le choix du matériel à emporter… tout ça demande une approche méthodique et une bonne capacité d’organisation. Sur la piste, la lecture du roadbook et la navigation en terrain inconnu sollicitent aussi une vraie rigueur. Il faut analyser rapidement, prendre des décisions et s’adapter en permanence aux imprévus. Finalement, le désert est un bon terrain d’entraînement pour un ingénieur, les marges d’erreur y sont faibles et les conditions rarement idéales.

Un bilan riche en émotions… et un passager clandestin inattendu

  • Que retiens-tu de cette expérience ?

Je suis ravi d’avoir participé à ce raid pour tout ce que cela a pu m’apporter : les connaissances mécaniques, le côté humanitaire, le chalenge sportif, et le fait de gérer cela en équipe avec mon père. Je suis marqué par l’impact humain de cette aventure et j’espère pouvoir retenter prochainement ce raid que j’ai adoré.

  • Une anecdote improbable ?

Un scarabée s’est glissé dans ma chaussure sans que je m’en rende compte. Je l’ai gardé comme passager clandestin pendant 4 heures, à rouler sur les pistes du désert, avant de sentir quelque chose me chatouiller le pied. En enlevant ma chaussure, le scarabée est sorti tranquillement, comme si de rien n’était. Lui semblait avoir passé une bonne journée !